Elle étudie la photographie à la Gerrit Rietveld Academie, puis part s’installer aux États-Unis au début des années 1990.
Son travail s’inscrit dans la tradition du portrait documentaire américain. Elle photographie principalement des communautés et des territoires marginalisés, en développant des relations durables avec les personnes qu’elle photographie.
Ses images ont été publiées dans de nombreux magazines (Vibe, The New Yorker, The New York Times Magazine) et exposées dans des institutions comme le Huis Marseille Museum for Photography ou le Maison Européenne de la Photographie.
Dana Lixenberg travaille principalement avec une chambre photographique grand format (4×5 pouces) et privilégie la lumière naturelle.v Cette technique implique une prise de vue lente et une interaction directe avec les sujets. Les portraits sont souvent réalisés dans leur environnement immédiat, avec un cadrage frontal et une grande précision dans les détails.
Le grand format produit des images extrêmement définies et d’une grande richesse tonale, permettant de restituer avec précision les expressions, les textures et les lieux.
Son approche repose sur la durée : elle revient souvent photographier les mêmes personnes pendant des années, voire des décennies.
Le travail de Dana Lixenberg repose sur une approche documentaire attentive et respectueuse des personnes photographiées.
Elle s’intéresse moins à l’événement spectaculaire qu’à la présence des individus dans leur environnement social. Ses images cherchent à montrer la complexité des vies ordinaires, loin des stéréotypes médiatiques.
En travaillant sur la durée, elle construit une relation de confiance avec ses sujets et révèle les transformations des individus, des familles et des communautés.
Son œuvre interroge ainsi la représentation des marges sociales et la manière dont les images peuvent contribuer à redonner visibilité et dignité à des personnes souvent invisibles dans les récits dominants.
Imperial Courts
Ce projet, commencé en 1993 dans l’ensemble de logements sociaux d’Imperial Courts à Watts, à Los Angeles, est l’un des travaux les plus importants de Dana Lixenberg.Initié dans le contexte social qui suit les émeutes de Los Angeles de 1992, il s’attache à photographier les habitants du quartier en s’éloignant des représentations médiatiques de la violence et de la pauvreté.
Pendant plus de trente ans, Lixenberg retourne régulièrement dans cette communauté et photographie les mêmes personnes à différentes étapes de leur vie, constituant une chronique visuelle de plusieurs générations.
American Images
American Images rassemble plusieurs séries réalisées aux États-Unis depuis le début des années 1990.À travers portraits, paysages et scènes du quotidien, Dana Lixenberg compose un regard documentaire sur les réalités sociales du pays et sur les différentes communautés qui l’habitent.
L’ensemble constitue une exploration photographique de l’Amérique contemporaine sur plus de trois décennies.
De Wallen
Réalisé à Amsterdam, ce projet documente le quartier historique de la prostitution connu sous le nom de De Wallen.Lixenberg y photographie les travailleurs du sexe, les habitants et les espaces du quartier, révélant la vie quotidienne derrière l’image touristique souvent associée à ce lieu.
Freefighters
Freefighters est une série de portraits consacrée à des pratiquants de sports de combat aux États-Unis.Dana Lixenberg y photographie des combattants et des athlètes évoluant dans des circuits indépendants, souvent éloignés du sport professionnel dominant.
À travers ces portraits frontaux et dépouillés, la photographe s’intéresse à la présence physique, à l’identité et à l’intensité individuelle de ces sportifs.
Jeffersonville, Indiana
Réalisé à partir de 1997 dans la ville de Jeffersonville, dans l’Indiana, ce projet naît d’une commande de presse consacrée aux résidents d’un foyer d’accueil pour personnes sans logement.Ce travail devient progressivement une série au long cours mêlant portraits et paysages, qui explore la diversité des trajectoires individuelles et la réalité sociale du sans-abrisme dans une petite ville américaine.
The Last Days of Shishmaref
Ce projet documente la vie des habitants de Shishmaref, un village iñupiaq situé sur une île de la côte de l’Alaska.Menacée par l’érosion côtière et les effets du changement climatique, cette communauté voit son territoire progressivement disparaître.
Les photographies de Lixenberg témoignent de la vie quotidienne du village et de la fragilité d’une communauté confrontée à de profondes transformations environnementales.
United States
Cette série regroupe plusieurs travaux réalisés à travers différents territoires des États-Unis.À travers portraits, paysages et scènes de la vie quotidienne, Dana Lixenberg compose une cartographie humaine de l’Amérique contemporaine, attentive à la diversité des territoires, des communautés et des expériences sociales.
Le dossier de presse de cette exposition
Commissaire général : Laurie Hurwitz, MEP Marcel Feil, MAPFRE